



METAL DISTRICT (Allemagne) - 9/10
Vive la France. Jetez la bière et sortez le vin rouge. Le pain à larges tranches disparaît des placards, à partir de maintenant il n'y aura plus que de la baguette! Les Norvégiens, terrifiants balèzes, maquillés de noir et blanc, avec la hache dans les mains, sont dépassés. Vivent les mousquetaires de la Gascogne. Si cela continue ainsi, les petits français auront bientôt avalé la scène metal, actuellement déjà bien enrichie avec des groupes incroyablement innovants tels que GOJIRA, HACRIDE, SCARVE et SYMBIOSIS, pour ne citer que les plus importants. Avec LA RUMEUR DES CHAINES, il faut y ajouter un projet, qui, par son innovation et sa classe technique, pourrait faire partie du fer de lance de la scène montante en train d'exploser.
Ce disque, avec
ses 3 pistes, déborde de confiance en soi et de désir
de donner vie à une vision musicale. Ici on ne repousse pas les limites
mais on les détruit d'emblée, pour réduire ensuite les débris en poussière sous la botte de la liberté musicale.
Ce manifeste musical sans convention est fondé sur un Black Metal, qui,
avec ses harmonies et ses riffs, rappelle les suédois Naglfar, lesquels
toutefois sont à mille lieues de se rapprocher du génie créatif des français.
A côté de cela on peut établir des parallèles avec leurs
compatriotes de SYMBIOSIS, ou avec "Ernte im Herbst" de FJOERGYN.
Ces comparaisons ne servent néanmoins que pour décrire la musique
et ces parallèles ne sont rien d´autres que le plus petit dénominateur
commun, soit le Black Metal avec influences classiques.
La piste d´ouverture est un exemple de parade
ou comment enrichir
un Black Metal frénétique avec des mélodies, intégrer
des éléments classiques sans qu´ils donnent l'impression
d'être plaqués et en même temps rendre une chanson intéressante durant plus
de 10 min, sans avoir à en subir les longueurs.
Erythème nous surprend avec un rythme "straight" (qui va droit
au but) et un thème jazzy. Mais pas ce jazz intello,
moderne, progressif, détaché de ses racines, comme beaucoup de
groupes l´utilisent de nos jours, mais bien plutôt de ce jazz typique, influencé par
le courant New-Orleans, des anciens bistrots français. Tel que l´on
peut entendre dans les B.O. de Danny Elfman pour les films de Tim Burton tel
que "L'Etrange Noel de Mr Jack" et "Les Noces Funèbres".
La façon dont sont intégrés les changements de tempo et
de rythme, les nombreuses parties de piano et de cuivres, dans une structure
black-metalleuse brute est simplement époustouflante. Cette chanson
dépasse aussi la barre des 10 minutes mais enchante sur
toute la durée.
La chanson finale, Le baptistère, se démarque néanmoins
de ces deux prédécesseurs. On cherche en vain le fil conducteur
de ce morceau, ce qui décontenance l´auditeur et le laisse sur sa faim. Néanmoins,
ici aussi, il est impressionnant de voir comment des éléments de style les
plus opposés qu'ils soient, sont assemblés avec facilité en
une entité musicale.
Avec ce 1er disque les trois français ont créé un chef d'œuvre musical qui ne pourrait être moins impressionnant. Tous les amis de la musique innovante, extrême et inhabituelle sont appelés à soutenir ce groupe. Bien qu'on puisse télécharger les trois chansons en très bonne qualité sur leur site web, on devrait lâcher ces misérables 5 euros et commander le CD à contact@ink-and-feather.com. On reçoit en plus de cette musique extraordinaire un artwork qui souligne encore l'aspect artistique de ce projet.
Frank "Azriel" Zschäbitz
http://www.metal-district.de/ugreview.php?ID=686
Traduit de l'allemand par Shadowblade et Clansmam. Corrections par Lilie.